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Les huiles essentielles et l’allaitement; une complicité possible !

Les huiles essentielles  et l’allaitement; une complicité possible !

Très tôt, lors de la gestation, le bébé détecte les molécules aromatiques présentes dans le liquide amniotique. Qu’elles proviennent de fragrances de synthèse, qui sont à proscrire, ou d’essences naturelles, les molécules aromatiques feront probablement déjà le bonheur de bébé !

Ainsi, ces mêmes essences naturelles utilisées durant la grossesse pourront se retrouver dans une huile de massage que l’on utilisera pendant l’accouchement, pour le massage du bébé et pour l’allaitement. Ces senteurs connues offriront un repère sensoriel supplémentaire pouvant sécuriser le bébé : c’est le souvenir d’une odeur réconfortante qui permettait à maman de se détendre durant la grossesse et de générer des hormones de bonheur.

Que ce soit durant la grossesse, l’allaitement ou les soins du bébé, il importe de bien connaître les différents modes d’utilisation des huiles essentielles ainsi que les conseils de sécurité s’y rattachant. Certaines essences sont déconseillées durant l’allaitement et peuvent affecter le bien-être du bébé. Par contre, plusieurs essences aromatiques seront sécuritaires, particulièrement celles qui sont galactogènes. Les essences aromatiques sécuritaires pourront être ingérées pures à raison d’une goutte sur la langue, 3 fois par jour, ou appliquées en massage en les diluant dans une huile végétale à 5 % (40 gouttes dans 30 ml d’huile de massage). Le massage pourra être fait sur les seins entre 2 et 3 fois par jour en évitant une application directe sur les mamelons ainsi qu’une application juste avant les périodes d’allaitement. Si vous avez de l’aide, un massage dans le haut du dos, entre les omoplates, aura un effet bénéfique sur la production de lait en plus de décongestionner la lymphe et les tensions physiques reliées aux premières semaines de l’allaitement. Comme l’odeur sera alors plus loin du petit nez de bébé, il y a moins de risque que celui-ci en soit incommodé; il demeure toujours préférable que l’odeur première provenant à ses narines soit celle de la mère.

Les essences favorisant la production de lait à privilégier sont l’anis vert, le basilic exotique, le carvi, l’aneth, le fenouil et le lemon-grass. Il est normal qu’une faible quantité de ces essences se retrouve dans le lait maternel. Heureusement, les essences nommées ci-haut possèdent aussi des propriétés carminatives qui contribueront à réduire les inconforts digestifs de bébé. Évidemment, aucune de ces essences ne sera utilisée avant la montée laiteuse pour éviter une trop grande quantité de lait et, du même coup, risquer un engorgement. Par contre, si la montée laiteuse tarde à arriver et que le bébé est impatient d’en recevoir davantage, n’hésitez pas à commencer le soin aromatique.

Une étude a démontré qu’un cataplasme de fleurs de jasmin appliqué sur les seins avait pour effet de réduire les niveaux de prolactine et ainsi diminuer la production de lait maternel (Shrivastav et coll., 1988). Quoi qu’il en soit, l’essence aromatique de jasmin semble davantage agir comme régulatrice de la production de lait plutôt que comme inhibitrice. Comme les fleurs de jasmin sont peu abondantes au Québec, il sera plus facile d’utiliser un cataplasme de persil frais pour diminuer une production de lait trop abondante. Ce cataplasme pourra être appliqué localement sur des zones d’engorgements ou lorsqu’il y a des rougeurs sur une partie du sein.

En cas d’engorgement ou de zone de chaleur sur le sein, une ou deux gouttes d’essence aromatique de menthe poivrée sur la région affectée apporteront un effet de fraîcheur en plus de faciliter la décongestion. Comme l’essence est appliquée pure sur le sein, il est recommandé de laver le sein juste avant la période d’allaitement. Si la fièvre s’installe et que vous suspectez une mastite, il est efficace de mettre quelques gouttes de tea tree ou de géranium rosat sur l’abcès ou la partie du sein infectée après chaque tétée et de suivre les recommandations offertes par une professionnelle de l’allaitement.

Évidemment, toutes les essences apaisantes favoriseront la détente de la mère et du bébé durant la tétée. Un diffuseur électrique d’arôme qui fonctionne une dizaine de minutes demeure un des outils aromatiques les plus sécuritaires. La lavande, la pruche, la mandarine, l’orange douce, le petit grain bigarade ou l’ylang-ylang sont d’excellents choix.

En cas d’épuisement de la maman (ou du papa !), l’essence aromatique d’épinette noire pourra être appliquée à raison d’une dizaine de gouttes au milieu du dos. Il est possible d’en mettre tous les matins lorsque la mère vit une période de fatigue intense ou, ponctuellement, suite à une mauvaise nuit causée, par exemple, par une poussée de croissance de bébé ou l’apparition d’une nouvelle dent. À ce moment, encore plusieurs solutions aromatiques pourront être proposées pour le bébé par une personne qualifiée en aromathérapie. Bonne tétée aromatique !

 

Par Véronik Tanguay, ND, Hta, Aromathérapeute