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La triple lune : Le passage de la mère à la femme sage

La triple lune : Le passage de la mère à la femme sage

La périménopause et ses deux phases hormonales

Les cycles ont toujours fait partie de ce monde depuis que la vie sur terre existe. La nature suit des cycles de saison, les jours sont comptabilisés par mois, après 12 mois le cycle recommence, les animaux sont guidés par des cycles de reproduction et de gestation et la lune croît et décroît continuellement. La femme, tout comme la lune, suit des cycles d’environ 28 jours toute sa vie. D’ailleurs, les femmes sont si connectées à cet astre qu’autrefois, comme elles dormaient souvent sans rideaux ou à la belle étoile, leurs menstruations suivaient le rythme croissant et décroissant de la lune.

Dans les traditions païennes, l’astre croissant était comparé à la vierge qui représentait l’insouciance, l’énergie nouvelle et active. La pleine lune représentait la mère qui est puissante, créative et capable de créer la vie. Tandis que la lune qui décroît représentait la femme plus mûre et remplie de sagesse. À cette période, la femme atteint le point culminant de la créativité, de l’indépendance, de la connaissance et détient le pouvoir de la fille et de la mère. La femme qui rentre dans cette phase possède une vie bien remplie et mérite un repos contemplatif. Elle incarne le mystère du changement et détient la clé de la transformation.

La femme qui vit la périménopause vit une étape tout aussi importante que toutes celles qu’elle aura traversées précédemment. La nature est là pour lui apporter les outils nécessaires pour cette belle transition d’accomplissement.

Tout d’abord, pour mieux comprendre ce qui se passe dans le corps de la femme entre 40 à 45 ans, il faut commencer par l’aspect biochimique : les hormones. La ménopause se divise en plusieurs parties. Il y a la périménopause qui dure de deux à huit ans et qui englobe deux phases hormonales importantes. Il y a ensuite la ménopause et la dernière, et non la moindre, la période de postménopause. Nous traiterons la périménopause et ses deux phases hormonales dans cet article et rendrons hommage à cette femme accomplie.

Pendant cette période, certaines femmes ressentiront des inconforts, tandis que d’autres en ressentiront que très peu. Tout s’explique par le fait que la progestérone chute drastiquement et crée un déséquilibre entre œstrogène et progestérone. C’est cet écart qui est à l’origine des symptômes que les femmes ressentent en début de ménopause. Cela peut créer aussi une hyperœstrogénie, ce qui veut dire que le corps contient trop d’œstrogène pour la quantité de progestérone restante.

 La progestérone étant plus basse, l’œstrogène devient trop haut et pourrait rendre les cycles menstruels plus courts, plus irréguliers et augmenter les saignements. Ce déséquilibre hormonal augmente le syndrome prémenstruel physique et émotionnel en moyenne chez la plupart des femmes en périménopause. Certaines pourraient ressentir de la douleur aux seins, de l’irritabilité, de la tristesse et souffrir de rétention d’eau. Il n’est pas rare de voir aussi des femmes souffrir d’insomnie, d’anxiété, de migraine et de crampe à cette étape de leur vie. Il est aussi possible de voir l’apparition de kystes, d’endométriose et de fibromes. La prise de poids rapide est tout à fait normale, même si elle n’est pas appréciée du tout. Il faut comprendre que le corps est parfaitement calibré et qu’il essaie de garder son homéostasie. La masse graisseuse qui apparaît emmagasine et produit des œstrogènes pour compenser la baisse de cette hormone que les ovaires ne fabriquent plus. Les glandes surrénales produisent aussi de l’œstrogène jusqu’à ce que la femme ait 70 ans environ, tandis que la progestérone est seulement produite après l’ovulation. Voilà pourquoi l’écart peut devenir grand entre ces deux hormones !

La progestérone est primordiale pour bruler les graisses, baisser la rétention d’eau, baisser les bouffées de chaleur, améliorer la relaxation et permettre un meilleur sommeil. Elle diminue la dépression, l’irritabilité, les sautes d’humeur et l’anxiété, car elle se lie aux récepteurs GABA dans le cerveau. La progestérone améliore les fonctions mentales en protégeant la myéline. Elle est enroulée autour des nerfs du système nerveux. Cette hormone est aussi de mèche avec la glande thyroïdienne et lui permet d’être plus efficace, donc moins de fatigue, moins de gain de poids, moins de rage de sucre et elle fait un petit clin d’œil à la libido en même temps.

 

 

 Lorsque je reçois une cliente qui souffre d’un ou de plusieurs de ces symptômes, j’aime lui suggérer des plantes qui auront un effet sur le taux de progestérone, vous aurez compris pourquoi. Le vitex (Agnus castus) est une plante tout indiquée, car elle agira sur l’axe hypophysaire et la glande pituitaire en stimulant les récepteurs sensibles à la dopamine. Cette action diminuerait la prolactine et, par le fait, augmenterait la progestérone.

L’igname sauvage (Dioscorea villosa) a aussi un effet sur la progestérone, on ne sait pas comment elle fonctionne exactement, mais certaines femmes obtiennent de beaux résultats ! C’est aussi une plante qui abaisse l’inflammation et les crampes.

 L’huile végétale d’onagre est une huile excessivement riche et hydratante. Elle contient des acides gras essentiels pour hydrater les peaux matures tout en les protégeant. L’huile d’onagre apporte souplesse et lutte contre les rides. Elle est tout indiquée aussi pour l’ostéoporose, en plus d’être un super antioxydant. L’onagre est une fleur jaune qui ne se dévoile que la nuit à la lueur de la lune ! Il semblerait aussi qu’elle soit une plante pro-progestéronique.

Dans la deuxième phase hormonale de la périménopause, le taux d’œstrogène diminue à son tour. Certaines femmes ressentiront cette phase plus intensément ou sont peut-être simplement plus à l’écoute des symptômes. Lors de cette étape, les cycles peuvent devenir plus longs, les bouffées de chaleur font leur apparition et les sueurs nocturnes se font ressentir. Une baisse de libido pourrait être présente, une sécheresse générale de la peau et des organes féminins pourrait apparaître. Certaines femmes pourraient aussi ressentir des pertes de mémoire, un manque de concentration et des palpitations. Tandis que d’autres se sentiront plus stressées ou envahies par des troubles de l’humeur ou du sommeil.

À cette étape-ci, j’aime bien travailler avec l’actée à grappe noire (Cimicifuga racemosa) qui est une plante modulatrice de l’œstrogène et qui permet une diminution des bouffées de chaleur. Elle est aussi anti-inflammatoire, calmante et antidépressive. Elle calme les palpitations grâce à son effet hypotensif; elle est également antirhumatismal.

 En modulant les récepteurs d’œstrogène, elle réduit le risque de symptômes d’une ostéoporose. L’œstrogène est aussi cette hormone qui empêche le dessèchement de la peau et des organes féminins.

 La sauge officinale (Salvia officinalis) et la sauge sclarée (Salvia sclarea) sont aussi de belles plantes à intégrer dans le protocole à ce moment. Elles modulent le taux d’œstrogène en stimulant les organes qui en fabriquent, mais elles ont aussi un effet direct sur la sudation excessive et les bouffées de chaleur. De plus, la sauge est une plante purificatrice et sacrée qui redonne le calme en diminuant les palpitations et les crises d’angoisse. Les peuples des Premières Nations l’associent à la sagesse de la femme; son pouvoir sacré est bien connu partout à travers le monde. Vous pouvez choisir d’utiliser la sauge en huile essentielle pour ces propriétés, par contre, assurez-vous de prendre la sauge sclarée pour ce mode d’emploi. En huile essentielle, la sauge officinale est neurotoxique, mais la plante peut être consommée en tisane ou en teinture mère sans problème.

Il y a aussi le trèfle rouge (Trifolium pratense) qui lui est considéré comme une phytohormone, il peut moduler le taux d’œstrogène tout en éliminant les mauvaises hormones, c’est-à-dire les xénœstrogènes. Les isoflavones du trèfle rouge sont des molécules actives qui se lient aux récepteurs d’œstrogène. En se liant de la sorte, ils empêchent les xénoœstrogènes de s’y fixer et de déséquilibrer le corps humain. Il diminue aussi les bouffées de chaleur et aide le foie à éliminer le surplus d’hormones qui pourrait s’y loger. En plus, le trèfle rouge est super nourrissant, car il contient des minéraux tels que du calcium, du magnésium, du phosphore et du potassium, ainsi que des oligo-éléments, tels le bore, le chrome, le fer, le cobalt, le cuivre, le sélénium, le zinc et le manganèse.

 Les xénoœstrogènes sont des hormones non naturelles qui activent les hormones naturelles néfastes dans l’organisme en grande quantité. Par exemple, l’hormone 16-hydroxyestradiole est une hormone que l’on retrouve en grande quantité lorsque la femme a été diagnostiquée d’un cancer du sein et qui peut être activée par les xénoœstrogènes. Le trèfle rouge, tout comme le soya, peut être considéré comme une aide pour se débarrasser d’un excès de certaines hormones et ainsi diminuer certains inconforts liés à la périménopause.

Le vitex, l’igname sauvage, l’onagre, l’actée à grappe noire, la sauge officinale ou la sauge sclarée et le trèfle rouge sont des outils extraordinaires, par contre, il faut savoir les utiliser de la bonne façon pour avoir un effet idéal. Il existe d’autres plantes médicinales qui seront peut-être plus adaptées à votre condition c’est pourquoi je vous suggère toujours de faire un bilan de santé avec un ou une herboriste afin d’avoir un traitement personnalisé et plus détaillé. Votre mode de vie sera aussi révisé, ainsi que votre alimentation. Ce sera plus enrichissant et sécuritaire pour vous d’être bien accompagnée. De plus, un herboriste pourrait vous fabriquer une formule de plante à votre image !

 

Par Jessie Séguin,
Herboriste, Naturothérapeute, Énergéticienne
Site Web : arduinna.ca