Les années passent et ne se ressemblent pas… Votre équipe politique continue de travailler et la reconnaissance de l’herboristerie traditionnelle continue de progresser. Le dialogue est ouvert et nous avons choisi de défendre notre métier sans faire de compromis mais en utilisant les ressources, la littérature et les travaux de recherche qui sont publiés par des chercheurs du monde entier.
Comme si la vie n’était pas suffisamment compliquée avec la conformité réglementaire entreprise avec la Direction des produits de santé naturels (DPSN), voilà maintenant que les professionnels de la santé ont décidé de mettre leur grain de sel (ou leur grain de sable) dans le processus. Comme vous le savez sans doute, le mandat de Santé Canada (et plus spécifiquement de la DPSN) est de décider de la conformité d’un produit de santé naturel. C’est donc Santé Canada qui autorise ou non la vente d’un produit naturel sur le marché canadien, en évaluant son efficacité, son innocuité et sa qualité. Par contre, ce sont les associations provinciales qui déterminent les conditions dans lesquelles les produits sont vendus dans les pharmacies et peuvent même demander à ce que les produits soient vendus sous certaines conditions. C’est ce qui se passe actuellement avec le millepertuis, puisque l’Ordre des pharmaciens a demandé à ce que le millepertuis soit exclusivement vendu en pharmacie.
Dans la même lignée, l’Ordre des pharmaciens du Québec (ainsi que l’Ontario College of Pharmacists) vient de demander à ses membres de retirer des tablettes tous les produits qui n’ont pas reçu leur NPN (Numéro de Produit Naturel). Cette recommandation va donc plus loin que ce qui est demandé par la DPSN et appliqué par l’Inspectorat de la direction générale des produits santé et des aliments. En effet, il y a en ce moment un moratoire sur l’application du règlement exigeant que le 1er janvier 2010 tous les produits naturels devaient avoir obtenu un NPN. Malgré tous leurs efforts, la DPSN n’a pu délivrer à temps les numéros de licence à tous les fabricants ayant déposé leur demande. Conscients de cela, la DPSN et l’Inspectorat de Santé Canada ont rassuré l’industrie en indiquant qu’ils n’allaient pas vider les tablettes du marché canadien. C’est donc un durcissement de la part de l’Ordre des pharmaciens et il est important de protester et de signifier notre désaccord à ce sujet. Il serait très dangereux de laisser l’Ordre des pharmaciens dicter l’application d’une loi fédérale, même si les produits d’herboristerie traditionnelle sont principalement vendus en boutiques d’aliments naturels (et non en pharmacie). Cela crée un précédent dangereux qui limite grandement l’accès aux produits naturels et aux produits d’herboristerie traditionnelle. Vous trouverez donc ci-dessous une lettre type (qui s’ouvrira sous format Word, donc modifiable) à personnaliser et à envoyer à votre député fédéral, lui signalant le danger et l’avisant des démarches de la Guilde auprès de la Ministre de la santé.
Marie Provost, déléguée politique
Guilde des herboristes