Exemples de réponse à la consultation de Santé Canada

Plusieurs nous ont demandé si nous avions des exemples de réponses à la consultation de Santé Canada, en cours jusqu’au 24 octobre.

Sans vouloir dire aux autres comment répondre à cette consultation, nous réalisons que la façon dont elle est formulée demande une bonne connaissance de la situation et de la réglementation. Ainsi, dans l’objectif d’encourager le plus de gens à y répondre, nous mettons à votre disposition des exemples de réponses qui ont été envoyées par certains de nos membres. Libre à vous de vous en inspirer.

1. Laquelle des catégories suivantes correspond le mieux à votre situation : Consommateur/Professionnel de la santé/Groupe de défense de l’intérêt public/Universitaire/Chercheur/Représentant du gouvernement fédéral/Représentant du gouvernement provincial/Fabricant de cosmétiques/Fabricant de médicaments sans ordonnance/Fabricant de produits de santé naturels/ Autre (veuillez préciser)

2. Que pensez-vous de l’approche/ la méthode fondée sur le risque pour les produits d’autosoins proposée dans le document de consultation?

De prime abord, l’esprit de la réglementation ainsi proposé semble intéressant et sensé. Effectivement, certains produits d’autosoins ne sont pas sans risque : on sait d’ailleurs, par exemple, que l’acétaminophène est la principale cause de lésion au foie au Canada (http://ici.radio-canada.ca/nouvelle…). Ce médicament est pourtant en vente libre… Par contre, je trouve qu’il est très important de préciser que la plupart des produits de santé naturels et cosmétiques naturels ne présentent pas le même risque que les médicaments, même ceux sans ordonnance. La question qui me vient est : quelles sont les évidences scientifiques de danger qui font proposer, aujourd’hui, une classification basée sur la dangerosité? Quels seront les produits jugés à haut risque et pour quelles raisons ? Les produits de santé naturels devraient être considérés sécuritaires jusqu’à preuve du contraire puisque leur usage est d’ordinaire sans danger et les risques minimaux (comparé aux médicaments de synthèse). Il n’y a qu’à comparer les statistiques de cas de décès dus aux produits de santé naturels (quasi inexistantes) versus les cas de morts liées à l’usage de médicaments qui, eux, sont plutôt nombreux.

Je crois que l’éducation générale sur les divers produits d’autosoins ainsi qu’une meilleure connaissance des plantes médicinales et de leur usage par le corps médical et le grand public répondrait davantage au problème que la réglementation aborde : le besoin de la population de se (re)familiariser avec l’usage sécuritaire des produits de santé naturels. Dans un encadré de la présentation de la consultation, il est dit ceci : La recherche d’opinion publique réalisée en avril 2016 dévoile que les Canadiens interrogés estiment ne pas être bien informés lorsqu’ils achètent des produits d’autosoins. Ce sondage indique que seuls 19 % des participants se pensent bien informés lorsqu’ils achètent des produits de santé naturels, suivis de 29 % dans le cas des cosmétiques et de 37 % dans le cas des médicaments sans ordonnance.

Encadrer n’est pas informer. L’information passe par une meilleure éducation. Pour avoir une bonne compréhension de ce qui est offert. Il est faux de croire qu’un encadrement plus rigide et que le fait de n’accepter que des preuves scientifiques soit gage de sécurité. Si tel était le cas, les médicaments, sous ordonnances ou non, ne devraient pas pouvoir être mis en marché s’ils peuvent causer du tort, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Il suffit de lire un compendium pharmaceutique pour voir les effets secondaires graves que peuvent avoir de nombreux médicaments. Voici un exemple récent concernant certains antibiotiques (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2016/10/06/001-antibiotiques-risques-effets-secondaires-permanents-fluoroquinolones.shtml)

Pour moi, la protection du public passe davantage par l’assurance de ne pas autoriser la mise en marché de produits nocifs, de mieux informer le public sur les risques pour leur santé et celle de l’environnement (car une énorme quantité de ces produits altèrent notre qualité d’air et d’eau, élément vital à une bonne santé) de ces divers produits. Si le gouvernement veut investir temps et énergie, c’est plutôt à ce niveau qu’un travail devrait être fait, plus particulièrement au niveau des produits et molécules synthétiques. Pour quelques dizaines de plantes ou produits naturels traditionnels qui présentent des risques, il y a des milliers de produits et molécules synthétiques qui présentent des risques majeurs pour la santé des individus et des écosystèmes.

3. Que pensez-vous de la proposition de Santé Canada de regrouper les produits d’autosoins en fonction des niveaux de risque mentionnés ci-dessus (classification fondée sur le niveau de risque)?

Ici aussi, je trouve qu’il est bien de distinguer les différents niveaux de risque. Toutefois, la preuve demandée pour faire des allégations n’est pas adaptée à la réalité des produits de santé naturels, encore moins aux produits d’herboristerie traditionnelle ou des cosmétiques naturels. Le cadre actuel du règlement sur les produits de santé naturels est vraiment mieux adapté à cette réalité, je ne vois donc pas la nécessité de faire des changements importants. La science apporte un éclairage et une meilleure compréhension de l’action de ces diverses substances sur la santé, mais ne peut (encore) tout expliquer. Les molécules isolées et les plantes médicinales (qui contiennent de nombreuses molécules) agissent très différemment sur l’organisme. Donc une plante qui contient, entre autres, telle molécule ne sera vraisemblablement pas aussi « dangereuse » qu’un médicament ne contenant QUE cette molécule à risque. Ainsi, mettre des produits de santé naturels et un médicament qui contient une molécule donnée dans la même catégorie de risque (lié à la molécule en question) est potentiellement faussé.

4. Dans quelle mesure cette classification fondée sur le niveau de risque influerait-elle sur votre décision d’acheter ces produits?

Je ne pense pas que je serais vraiment influencé étant donné que je connais bien mes produits et les plantes que je recherche quand j’en ai besoin. Mon réseau est également une source très fiable. Il en va de même pour ma consommation globale de produits d’autosoins.

5. Que pensez-vous de la proposition d’obliger à fournir des données scientifiques à l’appui d’une allégation santé? Je ne suis pas d’accord.

6. Si vous n’êtes pas d’accord, dites pourquoi.

Parce que plusieurs produits de santé naturels (notamment les plantes médicinales et les produits d’herboristerie traditionnelle) sont utilisés depuis très longtemps pour des usages reconnus. N’oublions pas qu’au niveau mondial les soins dits « naturels » en matière de santé représentent toujours plus des deux tiers des soins de santé. Un équilibre doit être fait entre la façon de voir scientifique au niveau moléculaire et les approches holistiques qui démontrent une grande efficacité depuis très longtemps. Malheureusement, comme les perspectives de rentabilité par la mise en marché sont beaucoup moins élevées que pour de nombreux médicaments, peu d’études scientifiques ont été réalisées à leur sujet ou peu pourront l’être, par manque de fonds à investir en recherche. L’aspect financier et de « retour sur investissement » est une réalité, ne nous en cachons pas : qui aurait intérêt à investir des millions pour une solution accessible à n’importe qui doté d’un jardin et qui ne peut être brevetée ?

Le système (« appuyer un dire de données scientifiques ») est donc construit selon une logique propre aux corporations pharmacologiques et agroalimentaires. Concrètement, les règles coûteuses et inaccessibles conviennent à ses énormes entreprises bien plus qu’elles ne protègent ou n’informent réellement le public. De plus, bien que la science apporte un éclairage et une meilleure compréhension de l’action de ces diverses substances sur la santé, elle ne peut (encore) tout expliquer. Les molécules isolées et les plantes médicinales (qui contiennent de nombreuses molécules) agissent très différemment sur l’organisme. Certaines études commencent à démontrer que l’usage traditionnel des plantes entières, versus les molécules isolées et synthétisées s’avère dans plusieurs cas plus efficace et surtout beaucoup moins dommageable et avec peu d’effets secondaires. Ainsi, encadrer les produits de santé naturels et les médicaments de la même façon avec les mêmes exigences est une fausse piste, car comme mentionné précédemment, il n’est pas rentable pour les compagnies d’investir dans les recherches scientifiques nécessaires pour répondre à la demande du gouvernement concernant les preuves pour les produits naturels.

Finalement, les traditions ancestrales de soins par les plantes et produits naturels comportent des milliers d’années d’observation sur le terrain. C’est ce que l’on appelle les connaissances empiriques, soit l’effet concret et observable que le produit a sur la personne lorsqu’elle consomme celle-ci. C’est un peu l’équivalent de la dernière étape des études scientifiques, soit l’absorption par l’humain de la substance. Bien que l’effet placebo puisse avoir un impact, on ne peut pas invalider ces observations colligées par les diverses traditions de soin au fils du temps.

7. Santé Canada étudie différents moyens d’offrir aux Canadiens de l’information leur permettant de prendre des décisions concernant les produits d’autosoins, notamment l’utilisation d’un avis de non-responsabilité sur l’étiquette des produits afin d’indiquer les allégations qui n’ont pas été examinées par le Ministère. Que pensez-vous de cette approche?

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de mettre ce type de mention. Il serait plus pertinent de mettre une indication spéciale lorsque l’efficacité a été examinée par Santé Canada. Personnellement, je pense important que chaque personne fasse ses choix et prenne sa santé en main de façon responsable sans rendre l’État/ le système de santé responsable de ses décisions.

Ce type de renseignements vous serait-il utile en tant que consommateur?

Non, je suis personnellement bien informé sur les produits et je sais me référer à des sources fiables pour m’informer et prendre des décisions éclairées.

8. Pensez-vous que l’utilisation d’un identifiant de produit (code figurant sur le produit) est nécessaire pour aider les consommateurs à identifier un produit au cas où ils souhaiteraient signaler un problème relatif à ce produit?

C’est une idée fonctionnelle et intéressante. Je me demande simplement si on a un réel besoin à ce niveau considérant les coûts de mise en place versus le besoin réel de la clientèle.

9. Pensez-vous que la méthode de surveillance de l’innocuité proposée vous permettra de continuer d’avoir accès à des produits de bonne qualité, sûrs et efficaces?

Non.

10. Dans la négative, quelles sont vos préoccupations?

C’est là que cette démarche me fait réagir. Déjà que plusieurs produits ont disparu du marché (parce que leurs fabricants n’ont pas eu les moyens financiers d’assumer les frais que la démarche pour obtenir un numéro de produits de santé naturel implique.) Alors, une surveillance comme celle proposée ici imposerait sans aucun doute des charges supplémentaires et donc des limites pour les producteurs (qui font ça à échelle artisanale et humaine) et donc une nouvelle perte de choix pour le consommateur ainsi qu’une perte d’emploi avec la fermeture d’entreprises . Encore une fois, l’esprit du règlement est bon, mais son application pose problème. Je propose donc à Santé Canada de continuer d’améliorer le système de réglementation déjà en place, plutôt que de tout remanier.

11. Pensez-vous que le fait de disposer de pouvoirs supplémentaires pour modifier les étiquettes, ordonner le retrait d’un produit et imposer de nouvelles amendes aiderait à résoudre les problèmes d’innocuité et à décourager les entreprises d’enfreindre la loi?

Non, je ne pense pas.

12. Dans la négative, pourquoi? Déjà, posons la question des « problèmes d’innocuité », à quels produits fait-on référence?

Le système en place fonctionne bien et laisse le consommateur relativement libre de faire des choix. Encore une fois le rôle d’information et d’éducation est plus important, a plus d’impact et, sur le long terme, permettrait de faire des économies à notre système de santé déjà engorgé. Et comme mentionné à la question 2 : Il est faux de croire qu’un encadrement plus rigide est garant de sécurité et d’innocuité. Si tel était le cas, comment se fait-il qu’autant de médicaments sous ordonnances, très contrôlées, puissent causer autant de tort ? On a juste à prendre un compendium pharmaceutique pour voir les effets secondaires, parfois même invalidants, voir causant la mort que peuvent avoir divers médicaments. Un autre exemple récent concernant certains antibiotiques est un bel exemple de ceci. (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2016/10/06/001-antibiotiques-risques-effets-secondaires-permanents-fluoroquinolones.shtml) Nous avons ici la preuve que contrôle n’égale pas innocuité.

13. Pensez-vous que la fréquence d’inspection des entreprises devrait dépendre de la catégorie de risque des produits qu’elles fabriquent?

Non.

14. Pensez-vous que le cadre proposé répond à vos préoccupations concernant les produits d’autosoins?

Non, vraiment pas. Le cadre proposé est sensé et intelligent, mais il devrait ne s’agir que d’un avertissement pour les produits plus « dangereux » seulement, en veillant de ne pas surcharger davantage les honnêtes producteurs de produits médicinaux.

15. Quelles autres mesures Santé Canada pourrait-il inclure dans ce cadre pour répondre à vos préoccupations?

Mes réelles préoccupations sont les suivantes :

– Garantir le libre accès aux produits naturels, les considérer sécuritaires jusqu’à démonstration scientifique ET rigoureuse du contraire, incluant un comparatif juste avec les produits pharmaceutiques. (Car dans les médias, bien que tous les jours des milliers de personnes à travers le Canada ont des effets secondaires parfois très importants suite à la prise de médicaments, on en entend très peu parler. Mais si par malheur une personne a un effet indésirable suite à la prise de produits naturels, on en entend fortement parler. N’y a-t-il pas ici un manque de cohérence ?)

– Financer des études sur les PSN dans l’intérêt de la santé publique et des finances du ministère de la Santé,

– Identifier les organismes, comme la Guilde des Herboristes, qui pourraient informer le public et les acteurs de la santé sur les produits de santé naturels, etc.

– Protéger et valoriser l’héritage de connaissances de la médecine amérindienne, responsable en grande partie de la survie des Européens en Amérique du Nord.

– Éduquer les professionnels de la santé et le « grand public » et non leur faire peur. Notre système de santé ne s’en sort pas tout seul, les plantes médicinales sont d’excellentes alliées.

– Dans les choix législatif et politique, favoriser la mise en place d’une médecine ouverte et intégrative et reconnaître que la science, outil d’observation et d’analyse des plus utiles, n’a pas réponse à tout. Si tel était le cas, la population serait de plus en plus en santé, ce qui s’avère tout autrement.

– Mesurer l’impact économique et par ricochet social des choix législatifs. Favoriser les micro et petites entreprises qui en complément des moyennes et grandes entreprises contribuent à une économie forte et durable dans le temps. Car il a été démontré que la précarité et l’instabilité économique sont des facteurs ayant le plus d’influence sur la santé et l’éducation de la population.

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